
En France une femme sur deux déclare subir des règles douloureuses. Cela concerne 60% des jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans, dont 20% estiment avoir des règles très douloureuses (sondage IFOP-INTIMINA, 2021). La douleur se vit, se mesure, se décrit de façon très subjective et individuelle. Pour moi – et cela n’engage que moi – il n’est pas normal de devoir prendre un ou plusieurs anti-inflammatoires à chaque cycle. A travers les douleurs menstruelles le corps parle et il est important de l’entendre sans tarder. Voici ce que je peux partager grâce à mon parcours, en espérant que cela vous soit utile.
J’ai connu la douleur dès l’apparition de mes premières règles, vers 13 ans. Cela a empiré au fil des années : crampes, nausées, diarrhées, vomissements, parfois jusqu’à la perte de connaissance. Chaque mois je vivais un enfer, avec l’angoisse de vivre une crise au mauvais endroit, au mauvais moment. J’ai avalé des kilogrammes d’anti-inflammatoires jusqu’à l’âge adulte. Lorsque j’ai souhaité devenir maman, tout s’est compliqué : à la douleur s’ajoutait le désespoir de ne pas tomber enceinte. Cela a duré 4 ans et au fil du parcours, le diagnostic médical est enfin tombé, à l’âge de 32 ans. Je souffrais d’endométriose, et quatre fibromes utérins perturbaient l’éventuelle survenue d’une grossesse. Tout au long du chemin, je demandais à mes médecins et gynécologues ce que je pouvais faire à mon niveau pour soulager les douleurs et favoriser une grossesse naturellement. Pas grand chose me disaient ils, vous n’y êtes pour rien. J’ai suivi leurs conseils en choisissant de me faire opérer sous coelioscopie afin de retirer les fibromes (janvier 2015). Je suis heureuse de ce choix car il a accéléré mes chances de devenir maman. Ceci dit, je n’ai jamais abandonné l’idée que je pouvais retrouver un équilibre autrement.
En parallèle d’un suivi médical classique j’ai consulté des thérapeutes pour gérer la douleur (acupuncture, réflexologie plantaire). Ces approches me faisaient beaucoup de bien sur le moment, sans me donner toutes les clés pour aborder le fond du problème. Puis j’ai découvert la Naturopathie. Mon intérêt ancien en faveur des approches de santé dites naturelles m’a poussé à m’inscrire en première année d’études auprès de l’école Dargère Univers en février 2016. Peu de temps après mon inscription, alors que nous projetions de rentrer en Europe pour initier un parcours de fécondation assistée, je suis tombée enceinte naturellement. Au cours de ma première semaine de formation en naturopathie j’ai eu énormément de réponses aux questions que je me posais depuis des années sur ce que je pouvais mettre en place à mon niveau pour aller mieux !
Après quelques mois de mise en pratique, je suis devenue maman naturellement d’une petite fille en pleine santé. Quinze mois après, lors de mon premier retour de couches (les premières règles après un accouchement), j’ai découvert ce que voulait dire avoir des règles sans douleurs. Je suis tombée rapidement enceinte d’une deuxième petite fille. Depuis mon deuxième retour de couches, mes règles n’ont jamais été aussi douces, harmonieuses et indolores.
Au fil de ces années, grâce à la naturopathie, j’ai changé d’hygiène de vie et mon cycle hormonal s’est rééquilibré. J’aurais aimé avoir accès à ces informations plus tôt, c’est pourquoi je souhaite partager mon expérience avec vous dans cet article.
Règles douloureuses : les causes sous-jacentes
Une alimentation favorisant l’inflammation
Les douleurs de règles peuvent être analysées comme une réponse de notre organisme vis-à-vis de certains aliments qui, ingérés en trop grande quantité, créent et entretiennent une inflammation d’abord au niveau digestif, avant de s’étendre à d’autres parties du corps.
En naturopathie nous considérons que la grande majorité des déséquilibres que nous rencontrons naissent, à un moment donné, d’une congestion et d’une inflammation au niveau de la sphère digestive. Le ralentissement du transit entraîne l’accumulation des résidus du bol alimentaire dans l’intestin et une dégradation de notre milieu interne.
A chaque fois que nous mangeons, notre intestin s’active des heures durant pour dégrader les aliments en micro-nutriments (protides, lipides et glucides) qui traversent les parois de la barrière digestive, empruntent la voie sanguine pour aller nourrir nos cellules. Les parois de l’intestin sont comme les mailles d’un filet : initialement bien resserrées et toniques, elles laissent passer uniquement les micro-nutriments nécessaires à la régénération cellulaire. Quand les résidus du bol alimentaire stagnent dans l’intestin, les parois du tube digestif perdent en tonicité et s’élargissent : des « micro-brèches » peuvent se créer. L’intestin devient poreux et laisse circuler dans le sang des déchets qui vont perturber le fonctionnement général de l’organisme (ici, l’utérus et le système génital).
Les toxines d’origine alimentaire sont de deux grands types :
- Les colles, ou mucose toxique, qui peuvent provoquer des phénomènes de congestion à l’origine d’écoulements et de surproduction de mucus dans l’organisme. Ce sont principalement les résidus de la digestion des céréales, farineux et féculents, mais aussi de laitages et de certains fromages.
- Les cristaux, ou acidose, qui peuvent provoquer des phénomènes inflammatoires à l’origine de douleurs, rougeurs, sécheresse etc. Il s’agit de résidus cristalloïdaux issus de la digestion des protéines (animales et végétales), du sucre et du sel blancs.

Parmi les aliments pouvant particulièrement nourrir et entretenir la congestion et l’inflammation à l’origine des douleurs de règles, nous retenons :
- Les viandes, en particulier la viande rouge (bœuf), la charcuterie, le porc.
- Les laitages et fromages, en particulier de vache
- Le sel et le sucre blancs
- Les farines de blé blanchies (gluten) et leurs dérivés (pain, pâtes, gâteaux…)
- Mais aussi les boissons comme le thé, le café et l’alcool.
Gluten (baguette, pâtes), lait de vache (chocolat chaud du matin avec un peu de Nesquick en prime, yaourts, fromages, crème fraîche), biscuits industriels (Z’animaux, Madchoko et compagnie) ont rythmé l’alimentation de mon enfance. En diminuant puis en supprimant ces aliments de mon assiette au quotidien, j’ai vu énormément d’amélioration au niveau de mon transit, des douleurs de règles et de l’équilibre général de mon organisme (fini les angines l’hiver, peau plus nette, etc).
Une méconnaissance du corps et de l’importance de l’élimination
L’une des définitions de la Santé en naturopathie est l’équilibre entre ce que l’on assimile et ce que l’on élimine. Quand il a suffisamment d’énergie, notre corps, dans son intelligence, élimine les toxines par le biais de nos émonctoires, ou organes-filtres chargés d’évacuer les déchets. Nous avons deux émonctoires primaires – dont le rôle principal est l’élimination : les intestins et les reins. Et trois émonctoires secondaires : les voies respiratoires, la peau et l’utérus/vagin pour les femmes. En cas de dysfonctionnement ou de surcharge des premiers, les seconds peuvent entrer en jeu pour rétablir l’équilibre général de l’organisme.
En d’autres termes, dans le cas de règles douloureuses, nos intestins et nos reins ne parviennent plus à évacuer les toxines avec lesquelles nous rentrons en contact – notamment par l’alimentation. Le corps cherche et trouve alors une autre voie de sortie possible (l’utérus et le vagin) pour éliminer le surplus et préserver son équilibre général.
Le système génital féminin (utérus, ovaires, trompes de Fallope), est en contact étroit avec le système digestif (colon, intestin grêle) et urinaire. Quand le transit ralentit, les intestins congestionnés occupent une place plus importante dans notre petit bassin, au détriment des organes de l’appareil génital féminin. Quand les parois de l’intestin se dégradent (porosité ou perméabilité intestinale), elles laissent passer des déchets dans la voie sanguine, qui auront d’autant plus de chances de se fixer autour des organes reproducteurs, créant les bases de l’inflammation.

Le ralentissement du transit, l’accumulation de déchets à l’intérieur du tube digestif et la porosité intestinale favorisent aussi la stagnation de toxines au niveau du sang. L’un des organes chargés de l’épuration du sang est le foie, qui peut vite arriver à saturation et perdre en efficacité. Or, le foie joue un rôle fondamental dans :
- la production, la régulation et l’élimination des hormones qui orchestrent notre cycle féminin;
- la neutralisation et l’élimination des perturbateurs endocriniens, des métaux lourds, des toxines environnementales avec lesquelles nous entrons en contact tout au long de la vie.
Vous l’aurez compris : un transit ralenti et une porosité intestinale favorisent l’apparition et le maintien des douleurs menstruelles :
- en congestionnant le petit bassin (bas du ventre ballonné et gonflé, moins d’espace pour les organes du système génital)
- en dégradant la qualité de notre sang et l’efficacité du foie en tant que qu’organe éliminateur et régulateur hormonal, favorisant la réponse inflammatoire au moment des règles, mais aussi parfois lors de l’ovulation.
La base pour revenir à un cycle hormonal féminin harmonieux est donc de favoriser un transit régulier et de soutenir régulièrement le travail de drainage des toxines réalisé par le foie.
Essayez de prendre conscience, depuis votre enfance, du nombre de jours où vous avez été constipée, pour différentes raisons : alimentation trop riche, manque d’activité sportive, contraintes sociales ou professionnelles… Je l’observe chez mes enfants qui depuis leur entrée à l’école, ont changé de rythme de transit. Tout cela a pu posé les bases, au niveau physiologique, de vos douleurs menstruelles actuelles. Pour revenir à l’équilibre, il sera donc important de reconsidérer vos habitudes alimentaires, de réapprendre à observer et soutenir les voies naturelles d’élimination de votre organisme, et de favoriser le mouvement pour préserver l’espace sacré de votre petit bassin (faire circuler l’énergie).
Mais nous ne sommes pas qu’un corps physique ! En naturopathie nous abordons les déséquilibre de façon holistique, c’est à dire en prenant en considération les multiples dimensions qui façonnent votre Être : physiologique, énergétique, et psycho-émotionnelle. Voyons maintenant ce qui peut se jouer sur le plan psycho-émotionnel.
Règles douloureuses, pensées & émotions
Avant toute chose je tiens à préciser que je sais à quel point vos douleurs sont vraies, réelles, concrètes. Comme je viens de vous le décrire, la douleur a bien une explication d’origine physique (la présence de toxines dans votre corps, créant le lit de la congestion et de l’inflammation). Pourtant, à intoxication égale (prenez par exemple le cas de deux sœurs qui grandissent dans le même foyer et qui mangent à peu près les mêmes choses), nous ne répondons pas toutes de la même manière. Certaines auront des douleurs de règles, d’autres par exemple des sinusites à répétition. Comment l’expliquer ?
En Naturopathie vitaliste, nous considérons que la localisation du déséquilibre nous renseigne sur l’état psychologique et émotionnel de la personne. Pour un même volume de toxines présents dans l’organisme, nous développons des réponses différentes en fonction de nos croyances, de nos pensées, de la façon dont nous accueillons nos émotions. Nous sommes ce que nous mangeons, nous sommes ce que nous ressentons, nous sommes ce que nous pensons. Tout est lié !
Nous sommes toutes uniques et l’accompagnement du thérapeute est précisément de mettre en lumière le lien entre l’histoire personnelle, les croyances, le vécu émotionnel et le déséquilibre associé. Quand ce lien émerge à la conscience, le retour à l’équilibre se fait plus aisément.
Voici quelques pistes sur l’origine psycho-émotionnelle des douleurs de règles, en espérant que certaines vous « parleront ».
- Passage de la petite fille à la jeune femme mal vécu, difficulté à assumer le fait d’être une femme aux yeux des autres (en particulier aux yeux des hommes), peur de grandir et d’être une femme avec tout ce que cela implique…
- Expérience ou mémoires (dans la lignée de femmes) d’abus dans l’enfance lié au fait d’être une femme…
- L’utérus symbolise le foyer : un utérus douloureux au moment des règles peut exprimer un malaise au niveau de son foyer (les parents qui formaient un couple dysfonctionnel, ou mon propre couple qui ne s’entend plus, trahison… )…
- Sentiment d’injustice lié au fait d’être une femme dans la société d’aujourd’hui : refus des inégalités homme-femme, du sexisme, des violences physiques et symboliques vis-à-vis des femmes, charge mentale…
- Questionnements autour de la maternité : refus de l’injonction, envie non concrétisée…
- Tabou autour de la sexualité (sentiment de honte ou de culpabilité)…

Essayez de prendre du temps pour vous et de réfléchir à :
- Ce que signifie être une femme pour vous, dans le bon, comme dans le plus difficile.
- A la façon dont vous êtes passée de la petite fille à la jeune fille réglée : est-ce que cela a été simple ? Avez-vous vécu ce passage dans la solitude ou en étant accompagnée et rassurée ? Quels évènements vous ont particulièrement marquée dans ce processus ?
- Comment avez-vous vécu votre sexualité au début ? Aujourd’hui ? Comment va votre libido ?
- A la vie des femmes de votre famille (n’hésitez pas à questionner les membres de votre famille pour en savoir plus) : certaines ont-elles vécu la même chose que vous ? Si oui, quelle est leur histoire ? Quels enseignements pouvez-vous en tirer ?
Autant de pistes à partager ensuite en consultation pour faire des liens entre des expériences, des mémoires, des émotions, et vos douleurs de règles. La mise en lumière de ce lien est fondamentale – tout autant que les changements alimentaires – pour favoriser le retour à l’équilibre.
Règles douloureuses : les solutions naturelles
D’un point de vue physiologique, énergétique et psycho-émotionnel, un cycle hormonal féminin bien vécu se traduit par :
- Des menstruations courtes (3-4 jours), de couleur rouge clair, sans caillots, sans douleurs
- Libido et désir présents (particulièrement au moment de la nouvelle et de la pleine Lune)
- Des pertes blanches assez liquides et gluantes au moment de l’ovulation (glaire cervicale)
- Besoin de ralentir et de « cocooner » au moment des règles
Ce n’est pas inaccessible ! En mettant en place de nouvelles routines alimentaires, en observant et soutenant les voies naturelles d’élimination de l’organisme, en apprenant à accueillir ses pensées et émotions, et à formuler ses besoins, nous pouvons nous en rapprocher. C’est le but de la cure de détoxination, première étape de la méthode naturopathique. Voici quelques conseils généraux pour vous faire prendre conscience de l’étendue des possibilités.
Une alimentation saine
Premier pilier fondamental, revoir son assiette ! Privilégier des repas à base de légumes si possible biologiques, de saison, en les transformant le moins possible. Au quotidien la cuisson à la vapeur douce pour la préservation des nutriments est conseillée. L’idéal est de privilégier, le plus possible, un assaisonnement à base d’huiles végétales biologiques de première pression à froid (par exemple un mélange huile d’olive, huile de colza, huile de noix, huile de lin), agrémentées de sel aux herbes, de citron, ou de vinaigre de cidre. Les épices comme le curcuma, le gingembre, le thym, l’ail, la cardamome, le poivre noir, le romarin, la cannelle sont réputées pour leurs vertus anti-inflammatoires : vous aurez tout intérêt à les ajouter régulièrement dans vos plats et vos tisanes.

Aux légumes nous pouvons associer une protéine animale facilement assimilable (œufs, fromage ou yaourt de brebis ou de chèvre, poisson gras, poulet) et/ou un féculent en évitant le gluten (pommes de terre, patates douces, sarrasin, millet, petit épeautre, riz complet). Mieux vaut éviter des protéines d’origine animale à chaque repas – cela dépasse largement les besoins de notre organisme – et privilégier des protéines d’origine végétale le soir comme les graines germées et les légumineuses (à faire tremper au minimum 12 heures avant cuisson).
Si votre intestin le permet (autrement dit si vous ne souffrez pas du syndrome de l’intestin irritable et dérivés), intégrez à vos repas une petite portion de crudités de saison. Cela favorise grandement le processus de digestion, en plus d’apporter des nutriments essentiels à votre organisme (vitamines, enzymes, minéraux, protéines).
Si vous digérez bien les fruits, vous pouvez en manger de préférence en dehors des repas. L’horaire idéal est le goûter de fin d’après-midi (17h), composé d’un ou deux fruits frais, biologique, de saison, et d’une petite poignée de fruits secs (amandes, noix, noisettes). Cela apporte d’excellents sucres et donc de l’énergie à l’organisme pour soutenir la digestion et l’élimination.
Retrouvez la saveur de l’aliment peu transformé et favorisez des assiettes simples et digestes. Allier plaisir et santé est tout à fait possible : le plus dur en général est de remettre en cause des schémas et habitudes bien installés depuis l’enfance, et de réorganiser sa logistique quotidienne dans l’approvisionnement et la préparation des repas.
Favoriser le transit et le drainage des toxines
Les changements que vous allez mettre en place au niveau de l’assiette vont produire leurs effets : votre corps prendra moins de temps et d’énergie pour digérer, il va mettre à profit cette énergie épargnée pour commencer à « s’auto-nettoyer ». Il est fondamental de soutenir ce processus en surveillant et soutenant le rythme et l’efficacité de vos émonctoires.
Si vous êtes sujette à la constipation (que je définis ici comme une difficulté à aller à la selle au minimum 1 fois par jour), alors il sera bénéfique de mettre en place une routine initiale pour activer votre transit. Il existe différentes techniques en naturopathie :
- Bromatologie (alimentation) : veillez à vous hydrater suffisamment, au bon moment : un bol d’eau tiède le matin au réveil, 15 minutes avant de prendre votre petit déjeuner (vous pouvez y ajouter du gingembre frais ou quelques gouttes de citron) ou un grand verre de jus de légumes avant le déjeuner par exemple, suffisent souvent à débloquer le transit en douceur.
- Phytologie (plantes) : une cure de plante laxative, pendant une durée limitée peut également être bénéfique : par exemple le psyllium blond (en veillant à boire suffisamment d’eau tout au long de la journée), ou encore le gel pur d’aloé vera pour ses vertus dépuratives (drainage du foie et des reins). D’autres plantes sont également connues pour activer le transit, mais demandent plus de précautions à l’usage, et sur une période très limitée (c’est le cas par exemple de la bourdaine ou du séné, que je ne recommande pas en cas d’intestin fragile ou irritable).
- Hydrologie/Réflexologie : la pratique de la douche rectale qui consiste à introduire une petite quantité d’eau dans l’ampoule rectale est intéressante car elle agit sans nécessiter de digestion (soutien mécanique). Si vous n’avez pas de blocages ou de rejet à l’idée de l’essayer, cela peut être intéressant à mettre en place au début pour relancer un intestin paresseux.

Au fur et à mesure du processus (changement alimentaire, soutien à l’élimination), le rythme naturel de transit doit normalement se remettre en place, et ne pas forcément nécessiter de soutien supplémentaire dans la durée.
Le travail d’élimination produit par le foie et les reins doit également être soutenu, en sus de l’activation du transit afin d’évacuer les toxines à l’origine des douleurs inflammatoires. Là aussi, nous pouvons recourir à différentes techniques naturopathiques :
- Phytologie : usage de plantes en soutien à la détoxination hépatique et à la diurèse : artichaut, pissenlit, romarin, fumeterre, piloselle. On les utilisera sous forme de tisane, teintures mères, bourgeons, plantes séchées (gélules), extraits de plante fraîche selon votre terrain.
- Compléments alimentaires : en fonction des besoins, du niveau et du type de toxines en présence (métaux lourds, perturbateurs endocriniens), nous pourrons ajouter des compléments à visée détoxifiante et antioxydante comme le glutathion, la coenzyme Q10, la N-acétylcistéine ou la chlorophylle.
- Hydrologie : une bouillote d’eau tiède-chaude placée sur le foie et les reins après les repas favorise leur travail d’élimination.
Enfin, tout ce que vous pourrez faire pour prendre soin de vos émonctoires secondaires viendra en soutien du travail de drainage du foie, des intestins et des reins :
- Poumons et voies respiratoires : oxygénez vous régulièrement (marche rapide, vélo), diffusez chez vous des huiles essentielles apaisantes (lavande, orange douce) ou rafraîchissantes (citron, menthe poivrée).
- Peau : favorisez la sudation à l’occasion de bains chauds voire de séances de spa (hammam et sauna), prenez le soleil quelques minutes dès que vous le pouvez, même à travers une vitre (visage et intérieur des poignets).
Enfin et tout aussi important, pour réussir une cure de détoxination la première condition requise est d’avoir suffisamment d’énergie en réserve : essayez de mettre en place les conditions d’un sommeil réparateur en vous couchant tôt, en évitant les écrans avant le coucher. Passez le plus de temps possible dans la Nature pour recharger votre corps énergétique. Si besoin, des plantes relaxantes pour favoriser l’endormissement (passiflore, valériane) ou toniques pour redonner de l’énergie (églantier, romarin, cassis) peuvent être prises en début de cure.
Une fois la cure de détoxination terminée, des plantes et/ou des compléments alimentaires destinés à reconstruire la barrière digestive seront souvent indiqués (à base de glutamine, collagène ou autre), ainsi que des plantes pour rééquilibrer le terrain (framboisier, gattilier, sauge, selon les cas individuels).
Revoir l’assiette (hygiène alimentaire), apprendre à éliminer les toxines (hygiène émonctorielle)… Des étapes fondamentales de la méthode naturopathique pour commencer à nettoyer son organisme en douceur des toxines à l’origine des douleurs de menstruations. Cela peut sembler une montagne au début mais gardez en mémoire que ces différentes étapes peuvent se planifier et se vivre sur plusieurs mois, en respectant votre rythme et en prenant en compte vos contraintes personnelles et professionnelles. Ces conseils d’ordre généraux se déclinent en fonction de chaque femme, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un(e) naturopathe, rien ne remplace un suivi individuel dans la durée.
Décongestionner le petit bassin
Le corps garde parfois la mémoire de chocs, stress et traumatismes anciens, qui se traduisent par des blocages physiologiques et énergétiques. Un bassin mal positionné, des ligaments contractés peuvent induire un ralentissement de la circulation sanguine et lymphatique, et une accumulation de toxines dans les organes digestifs voire, en cas de porosité intestinale, dans les organes du système reproducteur. Avec le temps, ces blocages créent une accumulation et un blocage d’énergie qui peut renforcer l’effet inflammatoire.
C’est pourquoi il est bénéfique, au cours de la cure de détoxination (de préférence au début), de favoriser la décongestion du petit bassin par des thérapies manuelles et/ou énergétique : des séances de micro-kiné pelvienne, d’ostéopathie ou d’ostéothérapie tissulaire réflexe peuvent contribuer à cet effet. J’aime cette dernière parce qu’elle agit sans « craquage » et qu’elle vise d’abord à détendre et relâcher les tissus mous (tendons, ligaments, fascias et muscles) dont la crispation peut entraîner un blocage du bassin et une congestion au niveau organique. Cette technique agit en douceur le long des méridiens (colonne vertébrale, ventre, dos) et favorise la libération des énergies usées accumulées, et des émotions associées.
Une fois les blocages anciens levés, il va falloir remettre votre corps en mouvement, en particulier votre petit bassin. Comme expliqué plus haut, notre système génital est logé dans un mouchoir de poche, entre le périnée, le bas du ventre et le sacrum, et au contact étroit avec notre vessie et nos intestins (colon, rectum). En changeant votre alimentation et en apprenant à soutenir les voies d’élimination des toxines, votre ventre va s’alléger, dégonfler. En favorisant des exercices réguliers qui mobilisent votre petit bassin, vous créez plus d’espace à l’intérieur pour les organes, vous favorisez la circulation sanguine et lymphatique pour de meilleures sécrétions organiques et un fonctionnement optimal.
D’abord, réapprendre à respirer. Prenez quelques instants ici pour simplement observer votre respiration en lien avec votre ventre : est-ce qu’il se détend bien à l’inspiration ? Et se contracte plutôt sur une expiration ? Est-ce que vous sentez comme un verrou dans le bas de votre ventre ? Assise en tailleur ou allongée sur votre lit, essayez de pratiquer la respiration abdominale : à l’inspiration, relâchez le plus possible votre périnée, laissez votre ventre se détendre et se gonfler avec l’intention de créer de l’espace à l’intérieur de vous. Initiez l’expiration en contractant légèrement le périnée, puis le bas du ventre, jusqu’à votre nombril (comme si vous vouliez rapprocher le nombril de la colonne vertébrale). Répétez plusieurs fois pendant quelques minutes, pratiquez au moins une fois par jour, et à chaque fois que vous vous sentez stressée ou verrouillée au niveau de votre ventre.

Des pratiques telles que le yoga, le Pilates, la gymnastique douce (Feldenkrais) peuvent également vous aider à vous reconnecter physiquement et mentalement à cette partie de votre corps. En yoga des postures d’ouvertures de hanche comme badda konasana (l’angle lié), malasana (la grenouille), ou encore des torsions allongées peuvent vraiment non seulement vous aider à créer de l’espace pour vos organes génitaux, mais aussi à soulager les douleurs menstruelles ou ovulatoires. En y associant votre respiration profonde et consciente, et en couplant avec des auto-massages du ventre avec des huiles essentielles connues pour leurs vertus anti-spasmodiques et anti-inflammatoires (myrrhe, lavande, encens, marjolaine, par exemple), c’est incroyablement efficace.
Le mouvement c’est la vie ! Les règles douloureuses dont vous souffrez vous invitent à vous reconnecter à votre ventre, à votre respiration, et à l’importance d’accorder à cette partie de votre corps toute l’attention qu’elle mérite. D’un point de vue émotionnel et énergétique, le bas de votre ventre est lié au plaisir, au désir et à la créativité. Plus vous inviterez le mouvement à l’intérieur, et plus vous nourrirez votre inspiration et votre joie de vivre.
Renouer avec sa féminité
S’il n’est pas acceptable de souffrir au point de prendre des antidouleurs pendant ses règles, il est en revanche tout à fait normal de sentir le besoin de ralentir, d’en faire moins, d’être davantage à l’écoute de son corps et de son besoin de repos. En tant que femme, nos réserves en énergie, nos émotions et nos pensées varient énormément en fonction de notre cycle hormonal. Certaines entreprises commencent à accorder des congés aux femmes souffrant d’endométriose. C’est bien sûr une avancée, même s’il reste encore beaucoup à faire pour adapter nos institutions et nos objectifs collectifs aux besoins de nos organismes, notamment aux organismes féminins.

Le travail en soi au niveau énergétique et psycho-émotionnel va ouvrir des portes en vous pour vous réconcilier pleinement avec le fait d’être une femme, mieux comprendre vos besoins selon la phase du cycle dans laquelle vous vous trouvez, et mieux les exprimer auprès de votre entourage (couple, enfants, famille, travail). Vivre pleinement et affirmer votre féminité pour votre plus grand plaisir. Il est temps !
S’octroyer du vrai temps pour soi, régulièrement. Poser ses besoins et ses limites, dans la sphère intime, familiale, sociale et professionnelle. Se recentrer sur l’essentiel (une activité, un projet qui a du sens pour vous et qui vous fait du bien). Vous pouvez tout avoir ! Cela passe par faire de vous et votre santé votre priorité. Le reste suivra.
Conclusion
Les douleurs de règles ne sont pas une fatalité, mais plutôt une opportunité pour reconsidérer notre rapport au corps, son langage, ses besoins. Mais aussi réinterroger notre façon d’être et de vivre en tant que femme pour mieux reprendre notre place dans la société et au sein de notre lignée. Cela demande un peu de courage et de volonté, qui seront vite récompensés par le bonheur d’accueillir ses règles en harmonie. J’ai conçu la méthode Renaître à Soi pour accompagner les femmes en quête d’équilibre hormonal, je serais heureuse de vous accompagner sur ce chemin.

Les conseils partagés et prestations proposées ici ne se substituent en aucun cas à une consultation auprès de votre professionnel de santé. Pour tout problème de santé, veuillez consulter votre médecin.

